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Gendarmerie royale du Canada

Enfin à la maison : la GRC identifie des hommes disparus

Par Robin Percival

Double hélice d’ADN.
Image par Shutterstock

7 octobre 2026

Contenu

En 2026, en l’espace de quelques mois, la GRC a apporté à deux familles les réponses qu’elles attendaient depuis des dizaines d’années.

En mars dernier, la famille de William (Bill) MacKay a été informée que la GRC avait identifié son corps. Sa sœur Linda savait que sa mort était une possibilité, mais n’avait jamais perdu espoir.

« Pour moi, c’était... Oh mon Dieu... Il n’y a plus de doute maintenant. Puis j’ai fondu en larmes. »

Bill était mort 20 ans plus tôt. Sa famille l’avait vu pour la dernière fois 10 ans auparavant. Ses proches pouvaient enfin faire leur deuil après trois décennies d’incertitude.

Racines familiales

Portrait-robot d’un homme identifié plus tard comme étant Bill MacKay. Crédit : Michel Fournier, GRC, Nouveau-Brunswick

La famille de MacKay ne l’a jamais considéré comme « disparu ». Il avait toujours mené une vie d’errance et était aux prises avec des démons intérieurs. En décembre 2007, il a été retrouvé mort à Moncton. La GRC au Nouveau-Brunswick a exclu l’hypothèse d’un acte criminel, mais n’avait pu établir son identité.

L’affaire est restée non résolue. La GRC a décidé d’essayer une nouvelle technologie appelée Forensic Investigative Genetic Genealogy (FIGG) qui combine le profilage génétique et la recherche familiale. La GRC a envoyé le fémur de l’homme à un laboratoire au Texas où des techniciens ont créé un profil génétique. Ils ont téléchargé le profil dans plusieurs bases de données génétiques publiques qui retracent l’ascendance.

« J’ai obtenu ce diagramme montrant comment ils l’ont retracé – ils sont remontés à 1778 », explique MacKay. « C’est incroyable. »

« C’est une technologie vraiment nouvelle, mais qui permet d’économiser beaucoup de ressources. C’est incroyablement efficace », affirme la sergente Sue Shaw Davis du Centre national pour les personnes disparues et les restes non identifiés (CNPDRN) de la GRC. Mais elle ajoute que lorsqu’une correspondance est établie, la GRC effectue d’autres tests pour confirmer définitivement l’identité.

L’inconnu de Malpeque Bay

Reconstruction faciale d’un inconnu retrouvé à l’Île-du-Prince-Édouard. Crédit : GRC, Île-du-Prince-Édouard

La deuxième identification a eu lieu à l’Île-du-Prince-Édouard. À l’été 1997, un pêcheur a découvert les restes d’un homme à Malpeque Bay. Le corps se trouvait dans un état de décomposition avancée et les enquêteurs n’ont pas pu établir son identité. Il a été enterré dans un cimetière de Charlottetown sous le nom de « John Doe ».

Les enquêteurs ont refusé d’abandonner. En 2010, ils ont exhumé le corps de « John Doe ». Les artistes médico-légaux ont créé un buste de son crâne et de son visage, dans l’espoir que quelqu’un puisse le reconnaître. Mais il faudra encore 16 ans avant qu’il ne soit finalement identifié – à l’aide de la technologie FIGG.

Il y a quelques années, un échantillon du fémur de l’homme a été envoyé au Programme national d’ADN pour les personnes disparues (PNAPD) de la GRC. Comme il n’y a eu aucune correspondance, la GRC a envoyé l’ADN aux fins de traitement par la technologie FIGG. Le rapport du généalogiste a produit huit noms de famille, dont celui d’un homme porté disparu au Québec. La GRC a communiqué avec la Sûreté du Québec, qui avait prélevé des échantillons d’ADN auprès de la famille de « John Doe », laquelle vivait dans une petite ville en périphérie de Montréal.

« Nous avons un nom, nous avons un nom! », se souvient Ingrid Mulhig, gestionnaire du PNAPD, qui a beaucoup travaillé sur cette affaire. « Je pense que cette technique a amené les enquêteurs à réexaminer de vieux dossiers et à voir comment ils devraient changer leurs méthodes. »

« La famille a été soulagée d’avoir enfin la confirmation que le corps a été retrouvé », dit le capitaine Benoit Richard de la Sûreté du Québec.

La famille de « John Doe » a choisi de ne pas divulguer son identité publiquement.

Disparus-Canada

Chaque année, de 70 000 à 80 000 personnes sont portées disparues auprès de la police au Canada. Alors que la plupart sont trouvés en quelques jours, de rares cas peuvent durer des mois ou des années, sans apporter de réponse aux familles angoissées.

En 2018, la GRC a lancé le PNAPD. Ce programme permet à la banque de données de comparer les profils génétiques de personnes disparues et de restes non identifiés. Les proches des personnes disparues sont encouragés à soumettre leur ADN (par prélèvement de salive, d’écouvillonnage des joues ou de sang) pour comparaison avec les dossiers existants.

Mais en cas d’impasse, la technologie FIGG propose maintenant une autre option. En utilisant des sites publics d’identification génétique « généalogique », la police dispose maintenant d’un autre outil à utiliser dans ses recherches.

Prochaines étapes

Tombe nouvellement marquée de Bill MacKay. Crédit : Coopérative Funéraire Passage

En août, la famille de Bill MacKay a fait poser une plaque à sa mémoire sur sa tombe à Moncton. Ils savent maintenant qu’il est mort d’exposition au froid à l’âge de 46 ans.

Lorsque la GRC a communiqué avec la famille pour lui annoncer qu’il avait été identifié, Linda MacKay dit qu’elle a trouvé du réconfort en apprenant que son jeune frère avait une communauté très unie à Moncton qui se souciait beaucoup de lui.

« Il y a eu une telle vague d’émotion : “Repose en paix, Billy!” »

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