Les faits : La cyberintimidation
30 % des jeunes Canadiens déclarent avoir été victimes de cyberintimidation.
Image par Envato
14 septembre 2026
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Le saviez-vous? 30 % des jeunes Canadiens déclarent avoir été victimes de cyberintimidation.
L'intimidation, en s'infiltrant dans le cyberespace au moyen des sites de médias sociaux et de la messagerie texte, poursuit les victimes où qu'elles soient avec leur téléphone.
De quoi s'agit-il
- La cyberintimidation consiste à utiliser des ordinateurs, des téléphones cellulaires ou d'autres appareils connectés pour embarrasser, blesser, harceler ou menacer une personne, ou se moquer d'elle, en ligne. Elle peut être menée de façon anonyme et ne laisser aucun répit à la victime.
- Le cyberintimidateur peut publier des photos gênantes de sa victime, entrer dans ses comptes de médias sociaux et se faire passer pour elle, ou utiliser de l'information trouvée en ligne pour la harceler à la maison, à l'école ou au travail.
- La cyberintimidation peut aussi prendre la forme de rumeurs, d'exclusion, d'usurpation d'identité, de harcèlement (traque), de menaces et de tromperies (tromper une personne pour lui faire révéler des secrets en ligne puis les publier).
- La cyberintimidation peut également s'appuyer sur l'intelligence artificielle (IA) et d'autres tactiques en ligne, notamment :
- la cyberimposture - Imposture qui consiste à créer une fausse identité en utilisant les renseignements ou les images d'une personne pour en tromper d'autres en ligne;
- l'hypertrucage - Procédé de manipulation audiovisuelle qui utilise l'intelligence artificielle pour créer ou modifier des images, des vidéos et des enregistrements audio afin de reproduire de manière ultraréaliste l'apparence, la voix ou les actions d'une personne;
- le harcèlement de meute - Harcèlement coordonné dans lequel un grand nombre de personnes adressent des commentaires négatifs, des critiques ou des insultes à une personne.
- Selon les jeunes Canadiens, les insultes et les menaces en ligne ou par messages textes sont les formes les plus répandues de cyberintimidation.
Qui sont les personnes touchées
- 31 % des jeunes Canadiens disent avoir été victimes de cyberintimidation.
- Les études révèlent que la plupart des cyberintimidateurs et des victimes se connaissent.
- Environ 50 % des jeunes et 30 % des parents disent avoir déjà été témoins de cyberintimidation dirigée contre quelqu'un d'autre.
- Certains groupes sont plus susceptibles d'être l'objet de cybervictimisation, comme les jeunes Autochtones et ceux qui ont une santé mentale fragile ou appartiennent à la communauté 2SLGTBQIA+.
- 65 % des jeunes affirment que s'ils étaient cyberintimidés, ils en parleraient à un ami plutôt qu'à un parent, de peur de se faire confisquer leur appareil. Ils pensent aussi qu'il ne sert à rien de signaler la cyberintimidation.
Quelles en sont les répercussions
- La cyberintimidation peut avoir un éventail de répercussions sur la victime, comme la honte, l'anxiété, le manque de concentration, le désespoir, voire l'automutilation et le suicide. Les cyberintimidateurs peuvent aussi développer des problèmes relationnels, consommer des substances ou adopter un comportement criminel.
- Signes qu'un jeune est peut-être victime de cyberintimidation :
- il ne passe plus le même temps en ligne;
- il cache ses activités en ligne;
- il semble plus triste, frustré ou fâché que d'habitude;
- il a des problèmes de sommeil ou d'alimentation;
- il fait l'école buissonnière ou ses notes baissent;
- il se montre plus distant avec sa famille et ses amis.
- Près de 75 % des parents disent que la cyberintimidation a cessé lorsqu'ils ont agi.
Qu'est-ce qui est illégal
- Moins de 20 % des incidents de cyberintimidation sont signalés à la police. Or, les actes suivants constituent des infractions au Code criminel :
- harcèlement criminel, p. ex. messages textes, appels téléphoniques ou courriels qui amènent la personne qui en est destinataire à craindre pour sa sécurité;
- pornographie juvénile, notamment visionner, conserver et partager des photos et des vidéos intimes de mineurs (c.-à-d. personnes de moins de 18 ans);
- publication d'images intimes d'une personne sans son consentement;
- profération de menaces et extorsion (menacer une personne de diffuser des renseignements la concernant si elle refuse de faire ce qu'on lui demande);
- vol et fraude d'identité (créer un faux profil en ligne dans le but de nuire à la réputation d'une personne);
- libelle diffamatoire (répandre des rumeurs sur une personne pour nuire à sa réputation ou amener les autres à la maltraiter).
En 2026, le Canada a actualisé sa législation sur la distribution non consensuelle d'images en modifiant la définition d'« images intimes » pour y inclure les hypertrucages sexuels générés à l'aide de l'IA. Par ailleurs, la peine maximale pour ce type d'infraction passe de cinq ans d'emprisonnement à dix ans. La loi érige désormais en infraction le fait même de menacer de diffuser une image intime, même si la menace n'est pas mise à exécution.
Que puis-je faire si je suis l'objet de cyberintimidation
- Ne répondez pas aux textos ou aux messages.
- N'obéissez pas au chantage.
- Faites des saisies d'écran des messages pour conserver des preuves.
- Bloquez l'utilisateur.
- Réglez vos paramètres de confidentialité et n'acceptez que les nouvelles demandes d'amitié de personnes que vous connaissez.
- Signalez le comportement à vos enseignants, à vos parents ou tuteurs, à un ancien, ou à un autre adulte de confiance.
- Signalez le comportement au site de médias sociaux, à Cyberaide.ca ou à la police.
- Parlez-en à une personne en qui vous avez confiance.
Où trouver de l'aide et des ressources
- Centre de prévention du crime chez les jeunes de la GRC
- Jeunesse, J'écoute
1-800-668-6868 - Centre canadien de protection de l'enfance
AidezMoiSVP.ca
Cyberaide.ca - Croix-Rouge canadienne
Prévention de la violence et de l'intimidation (croixrouge.ca) - Sécurité publique Canada
Cyberintimidation - Canada.ca