La GRC attrape un cambrioleur prolifique
Par Robin Percival
Michael Arsenault filmé par une caméra de sécurité et photo d’un cambrioleur en train de vider un coffre-fort tirée d’une banque d’images.
Image par Gracieuseté de la coopérative de crédit Conexus à Southey (Saskatchewan) et photo tirée de la banque d’images Envato.
25 juin 2026
Contenu
Lorsque Sharleine Eger arrive au travail par une froide matinée de janvier 2021, tout paraît normal; alors, sa stupeur est grande lorsqu'elle s'aperçoit quelques instants plus tard que le bureau municipal de Willow Bunch (Saskatchewan) a été cambriolé.
« La porte du bureau était verrouillée. La porte de la chambre forte était verrouillée. La porte du coffre-fort était verrouillée. Il a forcé les trois... et c'était à peine visible. »
À peine, car les caisses dans le coffre-fort étaient bien vides. « C'était le plus étrange », se souvient-elle. « On peut dire qu'il était habile. »
La plupart des entreprises de Willow Bunch, petite bourgade d'à peine 300 résidents, étaient dépourvues de systèmes de sécurité et de caméras. Et les années suivantes, les introductions par effraction se sont multipliées dans de nombreuses communautés du sud de la province, sans qu'on trouve le coupable.
En mai 2025, le district du Sud de la GRC en Saskatchewan a chargé une équipe d'enquêter sur cette troublante série de forfaits. Les enquêteurs ont recensé 74 signalements dans 43 communautés de la province sur la période de 2019 à 2026 qui, selon eux, étaient liés. Aucune résidence n'avait été visée; seulement des bâtiments publics : commerces, mairies, bureaux de poste, centres communautaires.
La prise? Des objets de valeur : cartes bancaires et de crédit, pièces de monnaie anciennes, alcool, cartes-cadeaux et environ 50 000 $ en espèces.
« Le cambrioleur changeait régulièrement de secteur », explique l'inspectrice Jill McLaren. « Son rayon d'action était tellement vaste qu'il était difficile de croire qu'on avait affaire au même délinquant. »
Un vieux routier de la délinquance
L'équipe d'enquêteurs dirigée par le sergent Kevin Gagné a découvert que le cambrioleur était actif depuis bien plus longtemps qu'on le pensait. Des introductions par effraction sur le même modus operandi avaient été signalées dans la province dès 2010, déclenchant quelque 350 enquêtes. Mais même si le délinquant avait été filmé par des caméras à plusieurs reprises, personne n'avait encore été en mesure de l'identifier.
« Ça faisait un bout de temps que le gars sévissait régulièrement; au point que tout résident plus ou moins ancien dans la province avait forcément vu sa photo », fait remarquer Gagné.
Lors d'un des nombreux cambriolages examinés, les spécialistes de l'identité judiciaire avaient prélevé du sang sur la fenêtre brisée d'un bureau de poste en 2022. En interrogeant la banque de données génétiques, l'équipe du Gagné a découvert un profil génétique correspondant. C'est ainsi que les enquêteurs ont rapidement extrait le casier judiciaire et les photos signalétiques d'un certain Michael Arsenault.
Les enquêteurs et les analystes ont examiné à la loupe tous les éléments de preuve pour trouver des similitudes entre les lieux de crime : heure des infractions, types de commerces, articles volés et vêtements que portait l'agresseur. Les pièces du casse-tête ont toutes commencé à s'emboîter.
Le cambrioleur fantôme démasqué
Né en Ontario, Arsenault, 57 ans, avait coupé les ponts avec sa famille depuis plusieurs années et vivait de ses cambriolages.
Image par : GRC en Saskatchewan
Le 12 février dernier, des policiers de la GRC sont allés le cueillir à son domicile, au sous-sol d'un immeuble de Regina, et ont procédé à son arrestation.
« Il était surpris et vexé que nous ayons découvert son identité et son adresse », dit Gagné.
Arsenault a été accusé :
- de 62 chefs d'introduction par effraction;
- de 12 chefs de tentative d'introduction par effraction;
- d'un chef de possession de biens criminellement obtenus d'une valeur inférieure à 5000 $; et
- d'un chef de possession de biens criminellement obtenus d'une valeur supérieure à 5000 $.
Les crimes contre les biens étant une préoccupation majeure pour les résidents des régions rurales de la Saskatchewan, McLaren confie que la GRC n'était pas peu fière d'annoncer l'arrestation du suspect. « Grâce au travail de nos analystes et de nos enquêteurs, nous avons pu apporter des réponses aux Saskatchewanais sur une énigme qui n'avait que trop duré », dit-elle.
« Il a réussi à passer entre les mailles du filet pendant 13 ans, mais cela l'a rattrapé », conclut Gagné. « Il a joué au chat et à la souris, et parfois, le chat attrape la souris. »
Le 23 avril, Arsenault a plaidé coupable et le tribunal l'a condamné à quatre ans et demi d'emprisonnement à purger dans un pénitencier fédéral et à plus de 12 000 $ d'amende.