Gendarmerie royale du Canada

Projet de caméras d'intervention

Sur cette page

Dans le cadre de Vision150 la stratégie de modernisation de la GRC, nous distribuerons aux policiers de la GRC des caméras d'intervention et mettrons en œuvre un système de gestion des preuves numériques à l'échelle du pays.

Objectifs du projet

  • renforcer la transparence, la responsabilité de la police et la confiance de la population;
  • accélérer le règlement des plaintes du public;
  • améliorer les interactions entre les policiers et la population;
  • améliorer la collecte d'éléments de preuve.

Pourquoi utiliser des caméras d'intervention

La GRC souhaite que les Canadiens se sentent protégés par leur service de police national et qu'ils aient confiance en lui. Les caméras d'intervention peuvent accroître ce sentiment de confiance réciproque, car elles permettront d'enregistrer les interactions entre les policiers et la population de façon impartiale et objective.

Politique sur les caméras d'intervention

En octobre 2022, la GRC a publié une nouvelle politique sur les caméras d'intervention en prévision de leur mise en œuvre. La politique donne des directives aux agents et agentes de la GRC sur l'utilisation des caméras et décrit leurs rôles et responsabilités. Par souci de transparence, la GRC met cette politique à la disposition du public. Pour en savoir plus.

Policiers qui seront équipés de caméras d'intervention

Entre 10 000 et 15 000 caméras seront distribuées aux agents de la Police contractuelle et de la Police fédérale qui ont des interactions avec les populations de régions rurales, urbaines et éloignées du pays. Cela signifie que tous les agents de première ligne de la GRC au pays en seront équipés à l'issue de la mise en œuvre nationale.

Phase – Essai sur le terrain

En mai 2023, près de 300 agents d’une série de détachements des divisions H, K et V ont participé à un essai sur le terrain pendant 10 semaines. Ces détachements ont été sélectionnés pour former un ensemble de lieux urbains, ruraux et nordiques.

À la suite d'une évaluation approfondie et multidimensionnelle de l'essai sur le terrain, la GRC a exercé son pouvoir discrétionnaire en vertu du contrat pour passer au soumissionnaire suivant.

En consultation avec Services publics et Approvisionnement Canada, la GRC fera maintenant un essai sur le terrain avec cet autre service en fonction des mêmes exigences techniques dans un contexte opérationnel, dans les détachements suivants :

Alberta (Division K)

  • Grand Prairie
  • St. Paul
  • Parkland

Nouvelle-Écosse (Division H)

  • Chester
  • Digby
  • Yarmouth
  • New Minas
  • Pictou
  • Stellarton
  • North Sydney

Nunavut (Division V)

  • Iqaluit

Le deuxième essai sur le terrain débutera au cours de la semaine du 5 février 2024 et durera de 8 à 10 semaines.

À l'issue d'un essai sur le terrain concluant s'amorcera la mise en œuvre progressive à l'échelle nationale s'étalera sur 12 à 18 mois.

Utilisation des caméras d'intervention par la GRC dans ma communauté

La GRC sollicite les commentaires de la population durant l'essai sur le terrain des caméras d'intervention et leur mise en œuvre l'échelle nationale.

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Faits saillants

Les policiers activeront leur caméra d'intervention durant les appels de service concernant :

  • des problèmes de santé mentale
  • des interactions avec des personnes en état de crise
  • des crimes en cours
  • des enquêtes
  • des troubles à l'ordre public et des manifestations
  • enregistrer des informations à l'appui de l'exercice de leurs fonctions

Les caméras d'intervention ne doivent pas être utilisées pour :

  • enregistrer en permanence
  • effectuer de la surveillance
  • filmer des fouilles intimes

Réponses aux questions

Fonctionnement des caméras

Les caméras d'intervention seront-elles activées en continu?

Conformément à la politique de la GRC sur l'utilisation des caméras d'intervention, les policiers de la GRC n'activeront leur caméra que dans l'exercice légitime de leurs fonctions, c'est-à-dire :

  • avant d'arriver sur les lieux d'une demande de service;
  • lorsqu'ils décident d'entrer en contact avec un membre du public dans le cadre d'une enquête policière, que la personne soit ou non visible à la caméra;
  • pour enregistrer les dépositions qui normalement seraient prises sur le terrain;
  • pour enregistrer les interactions avec une personne sous garde;
  • pour enregistrer toute autre situation ou incident relativement auquel, selon eux, l'enregistrement des éléments de preuve audio ou vidéo aiderait à justifier l'exercice légitime de leurs fonctions.
Les policiers de la GRC peuvent-ils éteindre leur caméra?

Selon la politique de la GRC, les agents doivent activer la fonction d'enregistrement avant d'arriver sur les lieux d'un appel de service. Ils doivent également le faire lorsqu'ils décident d'entrer en contact avec un membre du public dans le cadre de l'exercice légitime de leurs fonctions. Ils doivent poursuivre l'enregistrement jusqu'à ce qu'ils jugent que la sécurité n'est plus menacée et que les images filmées ne sont plus utiles à l'enquête.

La politique décrit aussi les situations où il n'est pas approprié de filmer, par exemple lors des fouilles intimes et dans les situations qui mettent en jeu un privilège juridique. Ainsi et sauf dans des situations d'urgence, avant de filmer dans un lieu privé (logement privé, installation de soins hospitaliers ou lieu de culte) où l'on s'attend de manière raisonnable à ce que la vie privée des personnes soit respectée, le policier doit obtenir le consentement du propriétaire ou des occupants.

Aux fins de responsabilisation et de supervision, la politique de la GRC exige que les policiers documentent les désactivations intentionnelles et accidentelles de la caméra d'intervention.

Peut-on demander au policier d'éteindre sa caméra?

Oui, mais le policier ne peut agir que conformément à la politique. Dans les situations où l'enregistrement vidéo vise à assurer la sécurité du public ou des policiers ou est utile à l'enquête, la politique veut que l'agent garde sa caméra allumée.

La politique a été élaborée en pensant également aux besoins des victimes. Les policiers doivent ainsi être conscients des répercussions que les enregistrements pourraient avoir sur les personnes impliquées dans des incidents de nature délicate. Dans ces cas, l'agent peut couvrir momentanément l'objectif de la caméra pour protéger la vie privée d'une personne. Il doit alors justifier sa décision sur la bande audio ou vidéo de la caméra d'intervention ou dans son calepin.

Que risque un policier qui omet d'allumer sa caméra ou de suivre les procédures?

L'agent qui omet de se conformer à la politique et aux procédures s'expose à des mesures disciplinaires internes. La conduite des policiers est régie par le code de déontologie de la GRC.

Si un agent de la GRC enfreint une loi, le dossier peut faire l'objet d'une enquête criminelle.

Comment les gens sauront-ils qu'ils sont filmés?

Lorsque la caméra filme, un voyant clignotant est visible. De plus, les agents doivent, lorsque c'est possible, informer au plus tôt les personnes présentes qu’elles sont filmées. Certaines circonstances font que ce n’est pas toujours possible de le faire.

Allez-vous attribuer une caméra à chaque agent?

Oui. Chaque agent de la GRC désigné recevra sa propre caméra. La caméra sera jumelée à son compte du Système de gestion des preuves numériques où les enregistrements vidéo seront téléchargés.

Quelle est la durée maximale d'enregistrement vidéo de la caméra d'intervention?

La caméra est dotée d'une mémoire de 64 gigaoctets sur laquelle on peut stocker environ 24 heures d'enregistrement audio et vidéo.

Quelle est la durée d'autonomie de la batterie?

Environ 12 heures.

Respect de la vie privée

Les caméras sont-elles dotées d'une fonctionnalité de reconnaissance faciale?

Non. La politique de la GRC interdit expressément l'utilisation de la caméra d'intervention pour toutes analyses biométriques, y compris la reconnaissance faciale. Elle interdit également l'utilisation de la caméra d'intervention à des fins de surveillance ou pour réaliser des enregistrements audio ou vidéo à l'insu des personnes présentes.

Comment protégera-t-on la vie privée des personnes?

La GRC a réalisé une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée afin de cerner les risques et prendre des mesures pour les atténuer.

À titre d'exemple, le visage des personnes filmées qui ne sont pas directement impliquées dans un incident sera flouté ou les séquences sans rapport avec l'incident seront caviardées si l'enregistrement doit être utilisé dans une procédure judiciaire.

Par ailleurs, la politique précise les lieux et situations où il serait inapproprié d'allumer sa caméra, à moins que les circonstances l'exigent (situations d'urgence, par exemple). Il s'agit notamment des lieux où il y a des attentes élevées en matière de respect de la vie privée (logement privé, installation de soins hospitaliers ou lieu de culte, par exemple) et des situations où le respect de la vie privée est essentiel (fouilles intimes, par exemple). Les aspects de la politique liés au respect de la vie privée sont examinés en détail durant la formation.

Quoi qu'il en soit, seules les personnes désignées seront autorisées à consulter les données dans le Système de gestion des preuves numériques et uniquement s'il est nécessaire de le faire.

Accès aux vidéos

Qui peut modifier les bandes vidéo (montage)?

Les bandes vidéo originales ne peuvent pas être modifiées et seront conservées telles quelles dans le système. Les policiers pourront modifier des copies de bandes vidéo aux fins de divulgation.

L'accès aux images et enregistrements vidéo captés par la caméra d'intervention est automatiquement consigné aux fins de suivi dans un registre de vérification et comprend les renseignements de l'employé qui les a consultés ainsi que la date et l'heure de la consultation dans le Système de gestion des preuves numériques.

Qui aura accès aux données des vidéos?

Seules des personnes désignées auront accès aux données du Système de gestion des preuves numériques et uniquement lorsque c'est nécessaire.

L'accès aux images et enregistrements vidéo captés par la caméra d'intervention est automatiquement consigné aux fins de suivi dans un registre de vérification et comprend les renseignements de l'employé qui les a consultés ainsi que la date et l'heure de la consultation dans le Système de gestion des preuves numériques.

Les policiers pourront-ils visionner les vidéos quand il leur plaira?

À la suite d'un incident, les policiers de la GRC devront rédiger leurs notes avant de regarder les images enregistrées par leur caméra d'intervention. S'ils font des ajouts à leurs notes après avoir regardé ces images, ils devront l'indiquer.

De plus, ils n'auront accès qu'à leurs supports enregistrés. Un policier ne peut consulter la vidéo enregistrée par un collègue qu'à condition de fournir des raisons valables (pour servir dans le cadre d'une enquête, par exemple) et d'y être autorisé. L'accès aux images et enregistrements vidéo captés par la caméra d'intervention est automatiquement consigné aux fins de suivi dans un registre de vérification et comprend les renseignements de l'employé qui les a consultés ainsi que la date et l'heure de la consultation dans le Système de gestion des preuves numériques.

Diffusion d'enregistrements

La GRC peut-elle diffuser publiquement des enregistrements vidéo?

La GRC peut diffuser des enregistrements captés par une caméra d'intervention si c'est dans l'intérêt du public.

Peut-on demander à visionner ou consulter un enregistrement dans lequel on apparaît?

Toute personne est en droit de faire une demande officielle d'accès à un enregistrement en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels ou de la Loi sur l'accès à l'information. Les demandes formelles peuvent être faites en utilisant les lignes directrices sur l'accès à l'information et protection des renseignements personnels.

Coûts

Combien coûteront les caméras d'intervention?

La GRC estime que chaque caméra d'intervention coûtera environ 3000 $ par caméra par année. Cette estimation comprend les coûts de la caméra, de l'accès au Système de gestion des preuves numériques et du personnel de la GRC nécessaire pour gérer le programme.

Plutôt que d'acheter des caméras et du matériel, la GRC utilise un modèle d'abonnement à un logiciel hébergé. La garantie du fournisseur couvre ainsi le remplacement du matériel pendant toute la durée du contrat. Cette option ne comporte pratiquement aucuns frais de démarrage et la mise en œuvre peut se faire en un court délai et ne nécessite que peu de travail sur le plan du développement technologies de l'information pour la GRC.

Le modèle d'abonnement est désormais très répandu. La plupart des organisations policières qui avaient commencé avec un modèle interne sont passées à l'abonnement, notamment la police métropolitaine de Londres (Royaume-Uni) qui possède quelque 20 000 caméras.

Dans son énoncé économique de l'automne 2020, le gouvernement fédéral s'est engagé à verser 238,5 M$ sur six ans pour la mise en œuvre de caméras d'intervention et d'un système de gestion des preuves numériques. Cet engagement permet de financer entièrement le projet jusqu'en 2024-2025, après quoi les partenaires contractuels contribueront à hauteur de leur part contractuelle.

Conservation des vidéos

Où les vidéos seront-elles stockées?

Les enregistrements seront stockés dans un service infonuagique de gestion des preuves numériques.

À leur retour au détachement après leur quart, ou dès que possible, chaque agent devra brancher la caméra d'intervention sur la station d'accueil pour recharger la batterie et télécharger les enregistrements vidéo réalisés.

Combien de temps la GRC conservera-t-elle les enregistrements vidéo?

La durée de conservation d'une vidéo par la GRC dépendra du type d'appel auquel l'agent a répondu et de la législation en vigueur. Cela peut aller de 30 jours à deux ans, voire plus.

En général, plus l'incident ou le crime est grave, plus la vidéo sera conservée longtemps.

Le Système de gestion des preuves numériques est-il vulnérable au piratage et autres risques?

La GRC fait preuve de diligence pour protéger l'information et les systèmes d'information contre les attaques et cela vaut également pour le Système de gestion des preuves numériques. Des contrôles de sécurité en couches successives protégeront le Système de gestion des preuves numériques et une surveillance continue permettra de se prémunir contre les risques et menaces.

Principaux jalons

Principaux jalons
Principaux jalons État Date de réalisation prévue
Attribution du marché pour l'essai sur le terrain Terminé Janvier 2023
Élaboration de la politique et de la formation Terminé Automne et hiver 2022
Essais opérationnels sur le terrain Terminé Été 2023
Octroi du contrat pour le deuxième essai sur le terrain Terminé Automne 2023
Essai opérationnel sur le terrain En cours Printemps 2024
Mise en œuvre nationale Planification 2024 (par étapes)

Mobilisation des communautés et des intervenants

Nous avons rencontré diverses organisations et divers groupes et membres de communautés au Canada pour présenter les caméras d'intervention et mieux comprendre le point de vue de tous.

Si vous représentez une organisation non gouvernementale et souhaitez participer aux consultations, écrivez à : bwc_consultations_cvc@rcmp-grc.gc.ca

Les membres du public qui souhaitent partager leurs idées sont invités à répondre à notre sondage.

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