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Gendarmerie royale du Canada

The General prête « patte-forte » à la santé mentale à la GRC

Par Julie Quesnel

Un instant paisible de confiance entre la caporale Darrah et son chien de service, The General.
Image par Serge Gouin, GRC

11 février 2026

Contenu

Lorsque les gens regardent The General qui trottine dans le Quartier général national (QGN) de la GRC, ils ne voient pas seulement un chien, ils éprouvent aussi une sensation d'apaisement. Des sourires illuminent leurs visages. Leurs épaules se détendent. Le rythme de leur journée ralentit l'espace d'un instant.

Ces petits moments instinctifs s'inscrivent dans une grande histoire, marquée au cours de la dernière année par une formation internationale, une reconnaissance croissante du rôle positif que les chiens de soutien peuvent jouer auprès des employés de la GRC partout au pays.

Les premiers pas

Un caniche blanc portant une veste rouge de chien de service lève les yeux vers la caméra; il arbore une expression lumineuse et amicale.
The General lève avidement les yeux pendant une visite au bureau. 
Image par Serge Gouin, GRC

The General est arrivé en 2024 dans le cadre d'un projet pilote de 18 mois visant à soutenir le bien-être des employés dans le Programme national de réintégration. Jumelé à son maître-chien, la caporale Meredith Darrah, il s'est rapidement imposé comme une présence rassurante au QGN, rendant visite aux équipes, offrant un réconfort silencieux après des événements éprouvants et aidant les gens à renouer avec leur milieu de travail après des jours difficiles.

Darrah se souvient d'un moment en particulier. Après une tragédie survenue dans une division, son chien et elle sont rentrés à la maison en avion en compagnie de trois membres en deuil. The General s'est installé entre ces derniers dans l'avion et, sans réfléchir, tous les trois ont tendu une main et l'ont posée sur lui.

« Il savait, tout simplement », explique Darrah. « Il sait quand les gens vivent des moments difficiles et il veut les réconforter. »

Cette intuition leur permettrait d'accomplir leur plus impressionnant exploit jusqu'à maintenant.

Un périple au sud de la frontière

En 2025, Darrah et The General se sont rendus à El Paso (Texas), et sont devenus la première policière de la GRC et les premiers Canadiens à être invités à suivre le cours pour les dresseurs de chiens de soutien, administré par la K9 Academy de chiens de la patrouille frontalière des États-Unis. Un programme intensif de cinq semaines, le cours a pour but de former les maîtres-chiens chevronnés à devenir des instructeurs et il est suivi d'une formation pour les dresseurs d'une durée de quatre semaines. Grâce à la certification, Darrah peut désormais former d'autres personnes dans le but d'accroître la longévité du programme à la GRC.

L'invitation suivait des mois d'échanges informels avec des homologues américains qui avaient pris connaissance du travail de The General au Canada. Grâce au soutien et à l'approbation du sous-commissaire supérieur Bryan Larkin, Darrah a non seulement été invitée à observer la formation des instructeurs, mais également à la suivre.

Le cours était axé sur les trois piliers du travail de chien de soutien (obéissance, exposition et interaction) et comprenait une formation dans des milieux réels, comme des postes de patrouille frontalière, des hôpitaux, des maisons de retraite, des centres commerciaux et des espaces communautaires. L'objectif était de veiller à ce que les chiens demeurent calmes, confiants et sensibles aux gens qui pourraient avoir besoin de réconfort ou de contacts.

Parmi des centaines de chiens de détection et quatre équipes de chiens de soutien, The General s'est distingué par son pelage unique, mais aussi parce qu'il était le seul caniche dans un groupe autrement composé uniquement de races de chiens de police traditionnelles comme les bergers allemands et les labradors. En tant que chien d'assistance spécialisé en soutien émotionnel plutôt qu'en application de la loi, The General a brisé les préjugés sur l'apparence d'un chien de police, tout en obtenant toujours d'excellents résultats aux côtés de ses pairs.

Dans un couloir, un caniche blanc portant une veste rouge de chien de service est assis sur un tapis rouge, sa patte posée dans la main d’une policière de la GRC.
The General partage un moment de quiétude avec son maître-chien, la caporale Darrah, à l’occasion d’une visite au bureau.
Image par Serge Gouin, GRC

D'après Larkin, la décision d'appuyer la formation aux États-Unis était facile à prendre.

« Lorsque j'ai vu le travail que Meredith et The General accomplissaient déjà - les sourires, les effets positifs - la décision s'est imposée comme une évidence », explique Larkin. « J'ai vu ce moment comme un tournant pour la GRC. »

Larkin a plus tard assisté à la cérémonie de remise des certificats, un moment qu'il a décrit comme une source de fierté pour la GRC et pour le Canada. Darrah a été reconnue comme étant la meilleure instructrice de sa classe, tandis que The General a obtenu le premier prix des chiens.

La formation a renforcé un partenariat déjà solide entre la GRC et la patrouille frontalière des États-Unis, en l'élargissant au domaine de la formation des chiens de soutien. À la GRC, la formation permet d'acquérir un savoir-faire d'instructeurs de chiens de soutien et contribue à réduire la nécessité d'avoir recours à un enseignement externe. Darrah espère que les futures équipes cynophiles pourront terminer leur formation de base au Canada avant de se rendre à El Paso, et qu'elles approfondiront graduellement ces compétences à domicile.

Surpasser les attentes

Grâce à son séjour à El Paso, Darrah n'a pas seulement perfectionné ses compétences, elle a aussi pu établir un programme national. Une évaluation interne de niveau supérieur de la GRC a montré que 98 % des employés ont ressenti un effet positif après avoir interagi avec The General, un effet qui a perduré bien après l'interaction.

D'après Darrah et Larkin, un chien d'assistance est relativement rentable en comparaison avec les nombreux outils de bien-être en milieu de travail. Les coûts annuels se limitent surtout aux repas, à l'équipement de base et aux soins vétérinaires courants, qui s'élèvent généralement à quelques milliers de dollars par année, particulièrement après la phase d'apprentissage initiale. Lorsqu'on compare au nombre d'employés soutenus et à la durée des effets positifs sur eux, les deux membres de la GRC estiment que le rapport coûts-avantages est élevé.

Pour Larkin, les choses ne pouvaient être plus claires. « C'est une source de revenus très profitable qui pose peu de risques. Un chien de soutien peut ensoleiller la journée de quelqu'un. »

Son soutien du duo en dit long. « Je pense que Meredith repousse les limites de ce qui se fait au Canada et au sein de la GRC, et c'est tout à son honneur », confie Larkin. « Elle est une ambassadrice tout simplement merveilleuse. »

Certains des coûts associés à The General sont aussi compensés par des dons provenant du programme Canine Therapy For First Responders et de la Fondation de la GRC. Lorsque des gens achètent de la marchandise à l'effigie de The General, les recettes servent directement à soutenir son travail.

L'aspect humain

Marchez dans le QGN aux côtés de Darrah et The General et vous le verrez immédiatement : le visage des gens s'éclaire, une personne s'agenouille instinctivement, une autre raconte une histoire sur son animal de compagnie. Pendant un moment, l'atmosphère s'allège.

« Si nous pouvons inciter au moins une personne à venir au bureau lors d'une journée difficile, j'estime que c'est positif », commente Darrah. « Nous avons perdu la capacité de tisser des liens pendant la COVID, et nous ne l'avons pas encore regagnée entièrement. Ce programme permet aux gens de la retrouver. »

Larkin a été témoin de ses effets.

Un caniche blanc portant une veste rouge de chien de service lève les yeux, une expression amicale sur le visage, tandis que plusieurs personnes tendent la main pour le caresser.
The General qui reçoit une grande dose d’amour de la part des employés de la GRC au cours d’une visite de bien-être.
Image par Serge Gouin, GRC

« Les gens parlent au chien. Ils veulent lui confier des choses. Et Meredith a cette capacité unique d'intervenir au moment opportun pour demander à quelqu'un comment il va réellement », confie-t-il.

The General a offert du réconfort après des événements tragiques, a apaisé des milieux stressants et a aidé les gens à renouer avec leur milieu de travail alors qu'ils ne pensaient pas en être capables.

« Ce programme donne la possibilité aux gens de trouver du soutien », ajoute Larkin. « Et il apporte du bonheur au bureau. »

Une vision transcontinentale

Darrah et Larkin considèrent le cours pour les instructeurs de chiens de soutien à El Paso comme le début de quelque chose de bien plus grand : une formation transfrontalière soutenue, un programme national de chiens de soutien de la GRC et finalement, un cours d'instructeur donné par des Canadiens.

« J'imagine un monde où tous les employés de la GRC, partout au pays, peuvent s'accroupir et parler à un chien de soutien quand ils en ont le plus besoin », révèle Larkin.

Pour Darrah, l'objectif demeure simple :

« Nous souhaitons simplement offrir une lueur dans les ténèbres. »

Le travail de Darrah et de The General suscite de l'intérêt dans l'ensemble de la GRC. La Région de l'Est a déjà trouvé un chien de soutien potentiel et elle est activement à la recherche d'un maître-chien. Darrah espère que d'ici cinq ans, toutes les divisions et régions qui désirent avoir un chien d'assistance auront le champ libre pour en adopter un.

The General est devenu un membre de la famille de la GRC. À chaque frétillement de queue, que ce soit dans un aéroport, un corridor ou un bureau silencieux où quelqu'un a besoin de se ressaisir, il nous rappelle le pouvoir de la bienveillance, des contacts et de la collaboration.

Son prochain chapitre ne fait que commencer. Et dans le cas de la GRC, la suite promet des contacts encore plus chaleureux et un soutien empreint de bienveillance.

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